C’est hier, jeudi 2 décembre 2010, que la FIFA après un long et copieux déjeuner a voté pour l’attribution des deux prochaines coupes du monde de football.
Et surprise, c’est la Russie et le Qatar, qui sont confortablement désignés pour organiser les éditions 2018 et 2022 de la plus populaire des compétitions internationales.

A l’instar de la fraîche expérience sud-africaine, l’organisation de tels événements peut s’interpréter principalement comme une opération de communication visant à doter les pays d’une image positive et attractive.
Et globalisation oblige, la concurrence pour abriter ces événements devient de plus en plus disputée et lourde de conséquences en cas d’échec, comme peut en attester la déception anglaise péniblement contenue à la lecture du verdict.

Russie
Concernant la Russie, la coupe du monde 2018 arrive à point nommé après les J.O. d’hiver de Sotchi 2014 pour affirmer son ouverture au monde et tenter de casser une trop grande dépendance aux hydrocarbures mise à mal par la récente crise financière, au moment où ses détracteurs brandissent les terribles chiffres de la criminalité et de la corruption ( la Russie est classée 154e sur 178 pays notés par Transparency International…) pour s’inquiéter d’une confiscation des recettes par une mafia déjà omniprésente.

Qatar
Pour le petit Qatar d’un million d’habitants, la situation est autre.
Pays pétrolier également, et vivant quasi exclusivement de cette rente, il anticipe intelligemment à coup de pétro-dollars l’après-hydrocarbures et tente de diversifier son économie en même temps qu’il se positionne par rapport aux autres pays de la région.
Sa désignation comme pays hôte pour 2022 est une occasion unique pour faire décoller de façon simultanée ses trois principaux objectifs : Affirmer la prédominance d’Al Jazeera sur les groupes média des autres pays arabes, Arabie en tête, continuer sa politique d’investissements massifs dans le sport, et exister en tant que hub dans une région particulièrement concurrentielle en la matière.

Qu’il puisse faire jusqu’à 50 degrés, que 9 stades et toute l’infrastructure d’accueil soient encore à construire ( de façon écologique et responsable !), que le Qatar ne se soit jamais qualifié pour une coupe du monde ou encore que les inspecteurs de la Fifa aient récemment jugé cette candidature comme la plus mauvaise de toutes, n’apparaissent plus alors que comme des anecdotes dans l’écriture d’une success story gagnée d’avance.