Comme chaque année à cette période, une quantité de bilans et d’études prospectives, plus ou moins sérieuses et crédibles, est publiée.

Parmi les plus intéressantes, je ne manque jamais de me reporter aux tendances de consommation de Trendwatching, que je considère comme une bonne base pour stimuler et orienter les réflexions créatives.

Et sur les 11 tendances dégagées pour cette édition 2011 et dont je recommande vivement la lecture, j’en ai retenu 5 en particulier, certes pas trop révolutionnaires mais qui illustrent à mes yeux des mouvements de fond partis pour s’installer dans la durée :

Le Marketing de bienveillance

On a tellement dit aux marques qu’elles devaient surtout prêter l’oreille à ce qui se disait et s’échangeait sur les réseaux sociaux, qu’elles devaient développer une attention constante et bienveillante à destination de leurs clients ou possibles futurs clients, que ça a fini par arriver.

Aujourd’hui, et à condition d’être suffisamment réactives, les marques tracent les statuts facebook ou les twitts d’utilisateurs excédés et frustrés par les services et produits proposés par la concurrence (une mauvaise connexion wifi chez McDo, un livreur exagérément en retard) pour se faire bien voir…

Cette attitude empathique devrait s’accélérer en 2011 où l’on va voir se généraliser les attentions et gestes capables de créer la surprise et faire la différence dans l’esprit des individus.

La stratégie de prix différenciés

Le développement de réseaux alternatifs ( qui peuvent aussi parfois prendre la forme d’un simple groupe privé sur Facebook ), la possibilité technologique de comparer les prix par un rapide scan de code-barre sur son smartphone et la nouvelle popularité des coupons et offres exceptionnelles, font qu’on ne s’étonnera plus de voir des prix différents s’afficher selon le profil de l’acheteur, sa localisation ou l’intensité de l’utilité qu’il est censé accorder à un produit en particulier.

Le succès actuel de Groupon vient d’ailleurs prouver qu’acheter bon marché est surtout devenu synonyme de bien acheter.

Le “Made for BRIC”

L’émergence et la croissance prometteuse de marchés intérieurs de tailles encore jamais vues en Chine, Inde, Brésil, Russie et autres pays gagnants de la mondialisation, n’allait pas laisser longtemps insensibles les grandes marques, qui ont compris tout l’intérêt qu’elles pouvaient retirer de cette redistribution des cartes sur la plannisphère de la consommation.

Dior, Hermès (via Shang Xia), Chloé ou encore BMW sont déjà fortement engagées dans une stratégie de développement de produits spécifiques ou adaptés à ces nouveaux marchés.

Les social-listes

Après les moteurs de recherche, les listes de nouveautés et de meilleures ventes, un grand nombre d’achats se fait à la suite d’une visite sur la page d’un ami ou d’un anonyme qui conseille tel ou tel autre produit. Et aujourd’hui et de plus en plus, les gens disent qu’ils aiment ou détestent, classent, commentent, s’abonnent, enrichissent, recommandent, ce qu’il ont vu, lu ou entendu, sur la toile ou ailleurs.
Twitter, Flickr ou Facebook mais également de nouvelles plateformes de curation
pas purement algorithmiques et fondées sur des avis humains comme Pearltrees, Curated.by, Scoop.it, Amplify ou senscritique.com voient le jour.
Pour le plus grand bonheur des marques. Ou leur plus grand malheur.

L’Eco-supériorité

La prise de conscience de la limitation des ressources naturelles a donné un nouvel élan aux comportements écologiques. Las, les produits verts sont souvent jugés soit trop chers, soit de qualité nettement insuffisante, pour satisfaire le confort d’une majorité de personnes pourtant prête à bien faire.

Cela ne devrait plus trop être le cas.

La tentation du simple Green Washing tendant à s’effacer au profit d’une volonté stratégique de promouvoir de nouveaux produits moins consommateurs d’énergie, plus respectueux de l’environnement et conformes à la multitude de nouvelles normes, font que désormais les meilleures équipes de conception seront chargées de développer les produits les plus verts et que l’écologique ne se fera plus forcément au détriment de la qualité.

La logique de l’accès

Pas franchement nouveau comme concept puisqu’il date d’au moins 2000 ( Cf. Jeremy Rifkin, L’âge de l’accès). Avec l’essor des nuages de données notamment, la tendance devrait se confirmer en 2011, où les marchés devraient de plus en plus laisser la place aux réseaux, les biens aux services, les vendeurs aux prestataires, et les acheteurs aux utilisateurs.

Illustrée par les exemples de l’Autolib ou de la vidéo à la demande sur sa tv, cette nouvelle façon de consommer signifie que chacun devra dorénavant se “connecter” pour accéder aux loisirs, aux transports, à l’éducation ou même à ses propres données.

11 crucial consumer trends for 2011 (Trendwatching.com)